Buenos Aires 1/3 : Centro
Brusque changement de décor arrivé à Buenos Aires : après la Patagonie me voilà dans un décor urbain, la foule, la saleté et le bruit, les odeurs de gaz d'échappement et de poubelles, le tout dans une chaleur tropicale : l'humidité est particulièrement forte et te pèse terriblement, en plus d'un 30-35°C de température...
Mon hôtel est Avenida Corrientes, dans le "Broadway de Buenos Aires" dixit le Guide du Routard, et je suis à quelques cuadras de l'avenida 9 de julio (date de l'indépendance, le 9 juillet 1816), qui a la petite particularité d'être l'avenue la plus large du monde : 140 mètres, jusqu'à environ 16-20 véhicules pouvant circuler de front, plus de larges trottoirs... Impossible donc de la traverser à pied en un seul feu, il faut un peu de temps. De part et d'autre et comme dans tout Buenos Aires les nouveaux buildings côtoient de prés les demeures historiques qui tombent parfois en ruine...
Un des points de repère sur cette grande avenue est l'"obelisco", l'obélisque, érigé en 1936 pour les 400 ans de la ville. C'est pas celui de Paris, loin de là, mais de loin ça reste joli.
Un des monuments les plus célèbres et visités de Buenos Aires se trouve sur cette avenue, c'est le "Teatro Colon", qu'on appelerait plutôt en français "Opéra Colomb" : un opéra construit pendant vingt ans par trois architectes différents (les deux premiers sont étrangement décédés arrivés au même âge), inauguré en 1908 et commandé par les riches bourgeois de Buenos Aires. Cette période était selon l'histoire argentine leur âge d'or car grâce à l'invention du frigo les argentins exportaient des bateaux entiers de viande pour l'Europe ; certains se sont donc particulièrement enrichis et ont donc voulu se construire un opéra pour s'occuper dans cette cité qui à l'époque était bien loin d'offrir les mêmes divertissements que les capitales européennes, Paris notamment bien sûr...
Ce Teatro Colon est une véritable réussite puisque c'est toujours aujourd'hui l'une des meilleurs salles d'opéra au monde du fait de son acoustique exceptionnelle, dans le top 5 mondial aux côtés de celui de Sydney. La France ne faisait pas partie du palmarès du guide...
Le théâtre donne sur l'avenida 9 de julio, mais est bien antérieur à la création de cette avenue, donc son entrée se trouve de l'autre côté, sur une petite place, mais qui était à l'époque plus importante.
J'ai suivi la visite guidée qui montre l'intérieur de cet édifice...
Au sous-sol de ce Teatro Colon travaillent quelques 1500 personnes tous les jours à la confection des costumes et des décors pour les spectacles ; dans des vitrines sont présentées quelques unes de leurs réalisations.
Trois marbres différents utilisés pour la construction (et tous importés d'Europe bien sûr) : un jaune, un rose et un gris, comme on peut le voir sur cet escalier.
Nous montons les escaliers et faisons le tour en visitant différents salons, toujours décorés à la française avec du mobilier de France.
On voit bien sur cette image le changement de style entre le premier étage et le deuxième : le bas solide, robuste, de style allemand, le deuxième plus fin et élégant, style français : c'est que l'architecte qui a commencé est mort avant d'avoir commencé le premier étage.
Le "salon dorado", le salon doré. Pas besoin d'expliquer pourquoi. Comme il y avait peu ou pas d'autre lieux chics à Buenos Aires pour les bourgeois, ce théâtre servait aussi à donner des réceptions ou pour se réunir entre aristocrates.
Enfin vient le moment de rentrer dans cet opéra. Pour l'isoler du bruit extérieur, trois couches de rideaux successives à traverser, et du côté de l'avenida 9 de julio c'est un portail entier qui a été condamné pour isoler du bruit de la circulation.
Qu'y a-t-il de l'autre côté ?...
Cet écran de fer peint en rouge mis sur la scène sert à isoler les salles d'un incendie. Il faut imaginer qu'il y a autant de surface de scène derrière ce rideau de fer que de sièges pour le public.4 000 places, 6 étages de loges, dont celles réservées aux présidents, au maire de Buenos Aires, etc...
Jusqu'à quinze personnes peuvent monter dans cette coupole pour chanter, juste au-dessus du public, des voix venues du ciel...
En-dessous des sièges se trouve une gigantesque pièce vide qui sert de caisse à résonance et explique cette acoustique si exceptionnelle.
Après cette visite direction l'hyper centre, la Plaza de Mayo, devant la Casa Rosada, l'Elysée argentin. une place très célèbre pour les manifestations des mères puis grand-mères des desaparecidos, les disparus de la dictature. Elle a aussi vu passé des nombreuses révolutions, innombrables dans l'histoire argentine.
Malouines, Desaparecidos, Noël, revendications sociales, informations touristiques, tout se mélange joyeusement sur cette place.
La Casa Rosada, où réside Cristina Kirchner, la présidente.
La Catedral Metropolitana qui donne sur la Plaza de Mayo ; on y vient surtout pour voir la tombe du général San Martin !
Dans le quartier à côté on peut voir l'une des plus vieilles libraires de la ville : la libreria Avila, fondée en 1785 (plus vieille que la République Argentine, qui a fêté son bicentenaire l'année passée seulement).
La Farmacia La Estrella, ouverte en 1834, elle aussi l'une des plus vieilles. Tout est "nouveau" ici, on ne risque pas de trouver une église du XIème siècle !
Demain au menu la visite du cimetière de la Recoleta et du musée des beaux-arts.