Club Andino Cordoba
Un petit article pour vous présenter le club d'escalade dans lesquel je me suis inscrit à Cordoba : le Club Andino Cordoba (CAC).
Le mur d'escalade du club est situé dans un complexe sportif à l'Argentine, c'est-à-dire un peu tout mal fait et rafistolé, mais qui marche quand même. Il est disposé comme le sera la Cathédrale (le futur mur d'escalade national du TAG), dans le sens de la longueur d'un terrain de sport, avec les gradins en face de l'autre côté.
Avec quelque chose comme 8 ou 9 mètres de haut, et son petit nombre d'angles vifs, le mur de voies se défend bien et vaut mieux que Labitrie (sauf qu'il n'y a pas de gros toit). L'espace bloc est grand, avec quatre pans d'inclinaisons différentes et bien larges. On y trouve aussi des poutres et un pan Gullich pas trop extrême ni trop facile.
L'espace bloc est grand, avec quatre pans d'inclinaisons différentes et bien larges. C'est bien pour faire des blocs divers et des circuits, et surtout je travaille dans mon anti-style avec du dévers sur pinces, pas facile !
On y trouve aussi des poutres et un pan Gullich pas trop extrême ni trop facile.
Le seul soucis, c'est l'absence de grain adhérent sur les plaques de bois, très lisses, qui fait assez souvent tourner les prises dans les voies, et surtout les prises elles-mêmes, qui sont vraiment vétustes comparées aux standards actuels français. Les plus vieilles prises de Labitrie sont ici les meilleures. Il y a deux marques locales, "Uh!" et "Contact", mais elles sont loin de faires des choses très originales, et surtout, pas de petites préhensions fines. Ni de couleurs bien différenciées, du coup les voies comme les blocs s'ouvrent comme à A Solo avec des étiquettes de couleur, on s'y paume un peu au début. Les prises étant vieilles, c'est assez glissant, il faut serrer les prises plus fort et surtout bien appuyer sur les pieds. Mais on arrive très bien à grimper quand même, faut juste s'adapter un peu !
Et enfin, les grimpeurs locaux : ils sont comme tous les Argentins très sympas. Il y en a qui sont forts, surtout en bloc vu qu'ils ne font pas trop de voies. Et ils vouent une grande admiration pour les grimpeurs français, car c'est un groupe de français qui a construit le mur et équipé les premières voies en falaise dans les années 95. Tout leur matériel est importé de chez nous à des prix exorbitants (une paire de chausson vaut ici deux à trois fois son prix, la magnésie est à 8€ les 100 grammes). Ils pensent qu'en France tout le monde fait du 9, ou presque... J'espère ne pa trop les décevoir ! Quand j'ai sorti mes testarossa du sac, ils étaient ébahis ; il y en a un qui m'a proposé de les racheter !
J'ai donc fait quelques séances de bloc et de voies, surtout du bloc, car tout le monde grimpe en proposant tour à tour un nouveau bloc, c'est convivial. Et on boit du maté, le thé local, entre les essais. J'apprend le vocabulaire local, et je leur apprend du français, qu'ils connaissent un peu vu qu'ils regardent sur Kairn ou dans Grimper magazine. Par exemple, une lolotte se dit ici "bicicleta". Contrepointe, c'est "empeine". Faire un "penal" (de penalty), c'est quand tu t'écrases par terre. Et les prises ont aussi des noms originaux, comme une qui se nomme d'après le nom de la pointe arrondie des flèches d'entraînement au tir à l'arc, ils ont de l'imagination. On crit "Poder !" quand on force, ou alors "Boa !". Et dès que tu réussis quelque chose, tu dois taper dans les mains de tout le monde.
Je suis devenu célèbre dès la deuxième semaine en cassant un mousqueton en deux :
Je grimpais une voie en-tête, la troisième dégaine n'était pas bien placée dans la plaquette, de travers. Quand je suis tombé, le bassin d'une trentaine de centimètres au-dessus de la dégaine, au lieu de bien se mettre en place, le mousqueton a subi un moment de flexion qui l'a fait casser d'un coup en deux morceaux. Il n'y a pas eu plus de dégâts que ça, je suis juste tombé un peu plus bas. Mais ça a étonné tout le monde, moi le premier, jamais vu ça.
J'espère partir le week-end prochain sur les falaises, celui-ci ça n'a pas été possible, et la semaine d'après il y a un contest de bloc dans la ville de Carlos Paz, près d'ici. J'ai racheté d'occasion une corde BEAL de 50m d'un grimpeur français, très fort, qui a passé un an ici juste avant moi, et je dispose du topo du coin, bien réalisé et qui comporte de nombreuses voies (la majorité dans le 6). Un refuge qui appartient au club est situé dans le massif de montagne, appelé "los Gigantes" (les Géants).