Dernier week-end dans les Sierras de Cordoba...
Le week-end dernier c'était mon dernier week-end à Cordoba. L'objectif était donc de terminer les projets laissés en suspens. Au programme, le samedi : le bloc en face de la Ola, puis une grande voie de 80 mètres en trois longueurs dans un lieu semi-secret !
C'est Lucas Rubiolo qui a co-équipé cette voie et qui a proposé de me la faire découvrir. Quelle surprise lorsqu'il vient me chercher à la maison de voir une si belle voiture ! Et c'est du Renault en plus ! Pour une fois, on voyage confortable !
On s'arrête sur le chemin au dernier village avant les montagnes, Cuesta Blanca, où les parents de Lucas possèdent une maison de vacances, avec notamment une "huerta", un potager, où l'on vient chercher des légumes frais pour le week-end. Une belle maison, sur un superbe terrain avec une vue panoramique, à côté d'une rivière de montagne enchanteresse, dans un lieu touristique, ça devrait valoir cher !
Prix du terrain à l'achat : 5 000 US$
Bon, aujourd'hui, ce serait plutôt 50 000 US$. Mais quand même !
Nous continuons ensuite la route. Le paysage a beaucoup changé depuis que je suis arrivé en juillet ; avec les pluies, tout a reverdi et repoussé, c'est beaucoup plus joli.
On s'arrête en chemin s'échauffer dans un bloc au bord de la route, environ V4-6a+. Comme toujours, le terrain est silloné d'une gigantesque autoroute à fourmi, densément fréquentée. Lucas sétonne que je sois si intéressé par ces fourmis ; il me dit que la semaine dernière, il faisait visiter les montagnes à des Allemandes, et elles aussi en ont été émerveillées. Ce ne sont que des fourmis pourtant !
Arrivés à la Ola, direction le premier objectif : cette fameuse traversée géante dans un alero en face de la Ola et qui m'a résisté deux séances déjà.
Eh bien il n'aura pas fait long feu, après quelques mouvements d'échauffement, je l'enchaîne tranquillement une fois, puis une deuxième pour la vidéo. Découvrez sans plus attendre ce petit bijou de la nature, un vrai bonheur à grimper !
Ceci fait, direction le deuxième objectif du jour : la fameuse grande voie sur la "pared multicolor" quasi secrète. Elle n'a été escaladée que trois fois depuis son ouverture. Pour y accéder, il faut marcher une quarantaine de minutes, pour arriver en haut de la falaise, d'où on a une vue magnifique sur une vallée sillonée par des torrents.
On descend ensuite sur le côté une pente assez raide.
Au bas de la falaise, il faut longer le pied pour accéder au pied de la voie. Lucas me montre une autre ligne qu'il est est en train d'équiper. La falaise est énorme, le potentiel gigantesque. Seulement une voie et demi, alors qu'elle pourrait en comporter une bonne vingtaine, de trois longueurs ! Impossible de rendre la taille du rocher en photo, je manque de recul !
Pour longer la paroi il faut nager dans une véritable mer de fougères.
Arrivés au pied de la voie, surprise !
Une plume de condor ! Elle est énorme ! Elle fait quasiment de mon bassin au sommet de ma tête, impressionnant ! Lucas m'en fait cadeau "pour concurrencer les crocodiles brésiliens empaillés de ton grand-père". Héhé !
La voie commence par une longueur en 7a+ en fissures, puis réglettes très fines. Je chute une première fois, refait un essai pour enchaîner, mais casse une prise. Je refais un essai, recasse une autre prise, au niveau du repos ! Rrrr ! Mais c'est comme ça les premières escalades des voies, plein de surprises !
La L2 est un poil plus facile, 7a, mais dans un style tout autre et un rocher différent. Après un départ tranquille, on passe un petit toit où se passe le crux, puis on remonte une fissure qui fait dièdre. On est alors vraiment très haut, avec une impression de vide accrue par la pente raide du pied de la voie qui plonge jusqu'aux torrents. Un magnifique condor passe à quelques mètres de la paroi, ailes toutes grandes déployées. Quelle spectacle ! Quelle escalade !
...il faut sortir de ce dièdre et faire une traversée en équilibre sur les pieds en adhérence, les mains à plat sur la paroi, des mètres et des mètres de vide en dessous. Waow ! Et c'est encore mieux quand il manque une dégaine !
Pour accéder au relais de la L2, dernière épreuve mentale : passer un petit toit et se rétablir sur un bombé, les pieds en adhérence, sans aucune prise de main. il faut monter le corps petit à petit, en priant pour qu'une bourrasque de vent, violent, ne vienne pas te déséquilibrer et te faire basculer. La chaîne seulement quelques centimètre au-dessus, mais quels centimètres !
La L3 est beaucoup plus tranquille, 6b+, sur une dalle qui penche bien dans le bon sens. Arrivé en haut, le soleil commence déjà à se coucher. Trois longueurs seulement, mais ça a duré un moment ! On redescend en rappel, n'ayant aux pieds que nos chaussons.
On repart ensuite vers la voiture, éclairés par nos frontales. Nous allons à la Ola, ou trois escaladeuses nous invitent à partager le repas du soir. Comme toujours, longue soirée à discuter autour des réchauds à gaz, à boire du maté, cuisiner, manger... C'est bon l'Argentine !
Nous allons ensuite dormir dans le 4x4, dont on peut baisser les sièges arrières pour faire une grande plateforme. Le coffre s'ouvre en deux partie, avec une fente horizontale : un trois-quart vers le haut, un quart vers le bas, ce qui donne un surplus d'espace à la plateforme. Nous dormons donc la voiture fermée, avec seulement nos pieds dépassant du coffre de la voiture, reposant sur la partie inférieure abaissée pour allonger la plateforme. Sinon ce n'était pas assez grand. On va dire que comme ça on a évité les odeurs !