Encuentro de Escalada au Club Andino Cordoba
Samedi a eu lieu au mur d'escalade du CAC l'encuentro de escalada. Les ouvertures ont duré jusque vendredi soir 1h30 du matin et ont continué le samedi matin avant le début du festival.
Début annoncé à 11h, mais lorsque j'arrive à cette heure là aucun concurrent n'est encore présent, et les ouvreurs sont encore sur le mur à terminer leurs voies.
En attendant plus de monde, nous regardons sur le grand écran installé dans un coin des films d'escalade. Il y a du matériel de son et vidéo : le pojecteur, un micro, des grandes enceintes.
A 13h, pas beaucoup plus de grimpeurs présents. Tant pis, on commence à grimper ; nous sommes une douzaine, dont les quatre ouvreurs, Lucas, Andrés, Pancho et Maxi. Dix-neuf blocs sont proposés, répartis sur tout le mur. L'ouverture est de qualité (bien mieux que les étapes de Called to block) et la difficulté soutenue, il me faut généralement plusieurs essais pour faire chacun des blocs. Un bloc sur des modules dans la dalle me demande un travail acharné, je finis par le réussir après des dizaines et des dizaines d'essais :
Sur les dix-neuf blocs, seuls trois me résisteront, tous situés dans le grand dévers. Mais personne d'autre ne les fera ; seul Tato m'égalise en nombre de blocs réussis.
Il est 16h lorsque nous terminons ce contest de bloc. Nous mangeons des sandwichs pain viennois-saucisse-mayonnaise préparés dans le local, avec des criollos (petits pains, sujet d'un prochain article) et des tartes et des "facturas" (des sortes de viennoiseries diverses).
Beaucoup plus de monde arrive vers cette heure-là et ils commencent eux aussi le contest de bloc.
Nous lançons en parallèle une compétition de vitesse, sur deux voies en miroir ouvertes avec les grosses prises en bois, malgré la fatigue qui se fait déjà bien sentir après les trois heures de bloc intense. Il faut s'inscrire sur un tableau, je dois faire mon premier duel contre Jipi, que j'élimine. Au deuxième tour je suis contre Tato, le grand favori du CAC, que je bats aussi, et me qualifie donc pour la finale.
Les duels sont annoncés et joyeusement commentés au micro. Les déguisements, les surnoms, les blagues et la bonne humeur rendent le moment particulièrement agréable.
Voici une vidéo de plusieurs de ces duels costumés. La perruque était obligatoire :
Au moment de faire la finale arrivent les élèves d'un membre du CAC qui est professeur de cirque. Nous descendons tous nous installer sur les chaises et les bancs installés en bas du plateau d'escalade pour profiter de ce petit spectacle.
C'est principalement de la "tela" (toile) : ces figures acrobatiques, entortillé dans deux longs draps, à plusieurs mètres de hauteur. C'est un art très pratiqué ici : il y a de temps en temps des gens qui en font dans le gymnase, j'en ai déjà vu sur une toile pendue du haut d'un pont de Cordoba, et dans des tout petits spectacle de cirque où ils se débrouillent pour en monter une aussi.
Jipi, affublé d'un magnifique noeud papillon, s'essaye lui aussi et nous offre une belle démonstration comique. Il s'est d'ailleurs rasé le crâne lui aussi, c'est le troisième grimpeur à le faire depuis mon arrivée, c'est la mode décidément !
Le spectacle terminé, nous remontons pour commencer les voies, ou terminer les blocs pour d'autres. Je grimpe les quatres voies les plus dures parmi les cinq proposées, dont une particulièrement difficile (d'autant plus après toutes ces heures de grimpe !) dont je parviens à bout après un bon combat, pensant tomber à chaque prise, qui mes restait miraculeusement dans la main. Je serai là aussi le seul à sortir toutes ces voies, et de loin.
Pendant ce temps a lieu la tombola parmi tous les inscrits à l'événement. Des bons d'achat de 100 pesos (17 €), un sac à pof, et des revues "Vertical argentina", dont je gagne un numéro.
Nous ne faisons pas la finale de vitesse, les spectateurs commençant à s'en aller et l'envie de grimper les voies étant plus forte. Moi je dirais que c'est Valentin ("Ricardo Darin", c'est vrai qu'il y a un air de ressemblance !) qui n'a pas osé se frotter à moi après l'élimination de son poulain, Tato, "pur produit de la terre cordobés".
J'ai aussi fait la rencontre pendant cette journée d'un des pionniers de l'escalade à Cordoba (et donc pionnier de l'escalade en Argentine tout court, et même d'Amérique du Sud), qui a ouvert les toutes premières voies, aujourd'hui des classiques, de La Ola - Ola, que j'ai grimpées : "Historias Veridicas", "Thor", "Te espero a la salida"... C'était en 1996, trois ans après la venue d'un groupe de français qui enseignèrent l'escalade sportive aux Cordobeses.
Cet homme-là se lance ensuite en parallèle dans le parapente. Et chose qui me paraît bien commune dans ce sport, il subit un accident qui le rend tétraplégique. Mais après des années de rééducation et d'effort, il marche de nouveau aujourd'hui (en boitant pas mal), refait un peu de vélo, et pour bientôt de l'escalade probablement !
Cet événement est bien tombé puisque ce week-end est à la pluie avec de courts épisodes de fortes pluies, voire de grêle, et un climat chargé d'humidité qui pèse et empêche l'évaporation des flaques.
La semaine prochaine, la coupe de bloc en falaise !

