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Quatre premiers jours à Bariloche

Publié le

J'étais donc de retour à Bariloche, le lieu d'Argentine ou l'escalade sportive est la plus developpée, au même niveau que chez nous : un topo complet est bien fait et facilement achetable, les secteurs disposent de véritables sentiers d'accés et un pied de voie amenagé. La nouvelle version de cet été est même déjà obsolète car ça a équipé à grande vitesse.

Au centro civico une étrange structure en bois a poussé au milieu de la place, squattée par des militants en tente aux revendications très larges.
Au centro civico une étrange structure en bois a poussé au milieu de la place, squattée par des militants en tente aux revendications très larges.
Au centro civico une étrange structure en bois a poussé au milieu de la place, squattée par des militants en tente aux revendications très larges.

Au centro civico une étrange structure en bois a poussé au milieu de la place, squattée par des militants en tente aux revendications très larges.

Le premier jour, je vais grimper au secteur Pared Blanca, où l'on trouve les voies les plus dures de Bariloche, dont notamment une voie tres célèbre, peut-être bien la voie la plus célèbre d'Argentine, "Corsario Negro" 7c+/8a. Après avoir depuis mon arrivee à Cordoba beaucoup entendu parler de cette voie, me voilà enfin au pied !

J'arrive donc au secteur avec ma corde. Je rencontre d'abord deux anglais, Tobby et Jennyfer, avec qui je grimpe les premières voies. L'occasion de communiquer en anglais, et ça marche plutôt bien.

Quatre premiers jours à Bariloche
Quatre premiers jours à Bariloche
Quatre premiers jours à Bariloche
Quatre premiers jours à Bariloche
Quatre premiers jours à Bariloche
Quatre premiers jours à Bariloche

Je grimpe ensuite avec des barilocos rencontrés au Petzl Roc Trip, et un brésilien, Renato, en très long voyage de grimpe. On met des essais a tour de rôle dans un soi-disant 7b+ où l'on n'a pas le droit de prendre les bacs de gauche à vingt centimètres de reglettes pourries "car ils ne sont pas dans la ligne". Escalade à convention ! Mais du coup j'aurai tenté cinq fois ce 7b+ sans le sortir...

Guillaume dans un 7a+/b

Guillaume dans un 7a+/b

Le deuxième jour je retrouve Renato et grâce a ses conseils et à un flash hier je tombe sous le relais de "Corsario Negro" à mon essai flash, après un sacré combat. La voie se déroule sur de très bonnes prises dans un fort dévers, avec un premier crux ou l'on fait un grand croisé qui te fait prendre une sacrée porte, puis en haut sous le toit un coincement de genou salvateur pour lâcher les deux mains et recupérer, ensuite le passager du toit avec un autre coincement de genou obligatoire qui permet d'atteindre une fissure qu'on remonte jusque sous le relais ou un dernier mouvement dynamique te fait bien psychoter pendant que tu te reposes sur le bac qui termine la fissure. La voie est vraiment exceptionnelle, à la hauteur de sa réputation !

Quatre premiers jours à Bariloche
Quatre premiers jours à Bariloche
Quatre premiers jours à Bariloche
Quatre premiers jours à Bariloche

Je la sors a l'essai suivant, après un nouveau combat du fait de la fatigue de l'essai flash : elle crève profondement celle-la !

Je tente ensuite "Calavera no chilla", un soi-disant 8a tres court et qui se revele extremement difficile. Je comprends pourquoi quand on m'explique qu'une prise s'est cassee, rendant la voie plus dure, et que c'etait avant un 8a+ mais qu'il a ete decote quand une argentine l'a enchainee. Ils sont sacrement machistes ces argentins !

Ce deuxieme jour je grimpe aussi avec Guillaume, un marseillais qui a commence a Montauban avec Herve et Sacha a Espace Grimpe et qui connait tres bien Lucien. C'est aussi un ami de Francois Poncet, avec qui j'ai grimpe a El Chalten et qui revenait de l'expe au Cerro Murallon. Le monde est petit, petit...

Le 31 je passe le reveillon a l'hotel Patanuk avec des americaines et un francais. Nous nous asseyons sur la plage au bord du lac Nahuel Huapi et admirons un beau feu d'artifice tire a 12h30. C'est l'ete ici !

Je discute ensuite un long moment d'escalade avec un suisse que j'avais deja rencontre lors de mon precedent passage a Bariloche. On se retrouve de nouveau au meme hotel sur les memes dates, quelle coincidence ! Lui aussi son frere et ses parents sont venus voyager un moment et lui ont ramene une perceuse, il me propose donc d'aller equiper avec lui une grande voie a Piedra Parada et ensuite surtout a Cochamo,au Chili. Pas de bol, mon voyage touche a sa fin... A priori vu les gens qu'il connait c'est une legende suisse de l'escalade lui aussi, une rencontre tres interessante !

D'ailleurs pour ceux qui connaissent il y avait aussi Daniel Dulac a l'hotel Patanuk. L'Argentine et le monde est vraiment minuscule...

Le 1er je vais grimper avec Lucas, un bariloco rencontre au Petzl Roc Trip, nous allons au Cerro Lopez grimper des dalles de granite au secteur Canuto. Superbe lieu a l'ombre des arbres et des arrayanes, pour une escalade dalleuse et verticale sur un granite fissure. Quelle plaisir de retrouver cette roche-là ! Je realise une voie tres esthetique, "Doble Balancin" 7b+ sur une arete en equilibre permanent entre une face et l'autre de l'arete, sur des plats et des fissures verticales. Avec la pierre qui change en plus de couleur et passe du noir au blanc, la voie est vraiment magnifique.

J'ai aussi beaucoup discute avec Lucas, qui vient en France en avril pour cinq semaines. J'ai bien aime sa voiture, une Renault 9 en piteux etat, dont par exemple l'aiguille du compteur de vistesse tourne sur elle meme en permanence. Quand je lui ai fait remarquer qu'il avait un beau compteur, il m'a dit que c'était son ventilateur. Ils ne sont pas trop inquiets...

L'arête de "Doble balancin"
L'arête de "Doble balancin"
L'arête de "Doble balancin"
L'arête de "Doble balancin"

L'arête de "Doble balancin"

Quatrième et dernier jour, de nouveau à Pared Blanca. Je m'échauffe en compagnie de cordobeses et tente "Emocionado", une variante de "Corsario Negro" en 8a avec un départ bloc et une suite plus rési. Je passe le bloc mais la suite se révèle trop douloureuse pour mon majeur coupé depuis le dernier jour de bloc à Ushuaïa. Et cette minuscule coupure ne s'est pas améliorée après quatre jours de grimpe, bien au contraire, c'est de plus en plus douloureux ! C'est tout petit mais pile au mauvais endroit, faut serrer les dents pour arquer... Du coup je redescends, me repose un bon coup, puis vais faire un 7c "Anihilator" à droite qui se déroule sur des prises plates moins traumatisantes.

Mini-coupure, mais grande souffrance...

Mini-coupure, mais grande souffrance...

Le local du coin, présent tous les jours : ce chien d'un grimpeur vivant à côté, et qui aime piquer la nourriture dans ton sac.

Le local du coin, présent tous les jours : ce chien d'un grimpeur vivant à côté, et qui aime piquer la nourriture dans ton sac.

Le soir je rentre sur le centre de Bariloche et attends Lucas et Valentin, parti ce matin à 4h de Cordoba, et qui arrivent vers minuit avec quelque chose comme 1 300 kilomètres dans les pneus... Nous allons dormir chez Lucas Kopcke, avec qui j'ai aussi grimpé au Roc Trip, et qui est le principal équipeur et grimpeur de Bariloche et ses environs. C'est simple, il a tout grimpé en Argentine, il en connaît toutes les voies. Le lendemain matin, direction Frey !

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