Nuit à la Ola, bloc et voie le lendemain
Arrivé à la Ola, le temps s'est bien rafraîchi, et le vent comme toujours souffle très fort. Les grimpeurs s'éparpillent pour trouver refuge pour la nuit : les grimpeurs de Carlos Paz vont dormir sous les toits de la Olita, les suisses au "camping" de la Ola où ils sont installés depuis deux semaines, les grimpeurs d'Alta Gracia dorment par terre à la belle étoile derrière la Ola, et les grimpeurs cordobeses, moi inclus, plantons les tentes derrière la Ola.
Nous sommes dix à dormir ici. On prend le maté en aménageant le camp.
C'est ensuite parti pour la cuisine du repas du soir : on fait l'inventaire des provisions de chacun, puis on découpe tout et on jette dans une casserole pour faire un bon gros plat de pâtes aux légumes. Toutes les affaires et la nourriture sont partagées sans aucune hésitation, les tentes aussi, alors même que tout le monde ne se connaît pas forcément, c'est ça l'accueil argentin !
A minuit, le repas fini et digéré, nous partons faire des petits blocs, bien éclairés par la pleine lune.
C'est très amusant de grimper si tard et ainsi, de nuit. Nous faisons des petits blocs relativement faciles mais très jolis, jusqu'aux alentours de 2h du matin.
Je devais dormir dans la tente de José, mais il dort déjà à mon retour. Vu qu'il ne fait pas froid, pour ne pas le déranger, je déroule mon sac de couchage à côté des tentes, dans l'herbe, et pose ma corde en guise d'oreiller. Un petit pschitt d'anti-moustique, et au dodo !
Le lendemain on se réveille à neuf heures, les muscles et la peau bien endoloris de la journée d'hier. José nous prépare de superbes crêpes miel-banane, un délice !
Nous partons ensuite grimper le bloc en traversée dans le grand alero en face de la Ola, que j'avais essayé avec Semilla, Andrés et Jipi. José l'a déjà fait quelques années auparavant, on compare les méthodes. Et je me rends compte qu'il termine encore plus à gauche que je ne pensais... Je réalise d'excellents essais, j'at toutes les méthodes bien au point, mais je dois stopper mes tentatives après m'être écorché bien profondément le genou, genou indispensable pour l'enchaînement puisqu'on le coince dans le crux. Faudra y retourner le week-end prochain, je ne peux pas laisser s'échapper une occasion pareille de faire un si joli 7a+/b bloc !
Une fourmilière géante, avec des autoroutes à fourmi qui en partent et au fond à gauche, devant mon genou droit, une zone marron où les fourmis réunissent les déchets.
Nous partons ensuite grimper à la Ola, où je retrouve les deux suisses. Je prends leur mail pour leur transmettre l'adresse du blog et ils me donnent leurs numéros de téléphone, pour aller grimper en Suisse si je passe un jour par chez eux, c'est super sympa merci beaucoup !
La fatigue se fait vraiment sentir : je fais deux essais dans "Thor" 7a+, avec un gros pas de bloc tout à la fin, qui ne sort pas.
On redescend ensuite manger et plier les affaires. Le vent se remet à souffler, très très fort.
Comme c'est la tradition, la journée de grimpe à au secteur de la Ola se termine par quelques voies au secteur "Ultimo Sol", juste à côté. Un peu reposé et de la nourriture dans l'estomac, je grimpe à vue la classique "Ultimo Sol de Marzo", 7b, et une nouvelle voie à sa gauche, 7a, dont le nom reste inconnu puisqu'elle a été ouverte en un week-end par des Porteños qui n'ont pas laissé d'informations.
Le secteur est superbe, avec des prises fabuleuses, pleins de trous et de cristaux de quartz. Les voies commencent par une belle dalle de difficulté homogène, puis un repos total avant d'attaquer un petit toit final bien physique où se fait la cotation.
La nuit tombe, c'est l'heure de repartir. J'embarque avec José dans la voiture de Lucas, un vieux pick-up américain retapé par ses soins datant de 1974. C'est génial, ambiance cinéma !
A Cordoba une chaleur tropicale, très très chargée en humidité nous accueille, la transition est violente. J'étouffe et transpire des litres pour rentrer à ma maison. J'ai les genoux tout écorchés, les doigts sans peau, et les muscles bien fatigués, un excellent week-end donc !