Week-end au Chili par la route des Andes - 7 : Mendoza
Nous passons la nuit du dimanche au lundi dans le bus de Santiago à Mendoza, en se réveillant à 1h du matin pour passer la douane et le visa. Notre visa touristique est maintenant relancé pour trois nouveaux mois !
Nous nous rendormons ensuite et nous réveillons à notre arrivée à Mendoza, à 5h30 du matin, les oreilles douloureuses du changement de pression : nous sommes partis de 500 mètres, sommes montés à 3200 et redescendus maintenant à 500 mètres aussi à Mendoza. Nous comptons profiter de cette grande journée pour visiter la ville, notre bus pour Cordoba partant à 22h15.
Nous essayons donc de continuer notre nuit dans le terminal de bus, en attendant que le "guardaequipage" et les cafés ouvrent pour que Martin puisse laisser son sac et prendre un bon petit-déjeuner. Nous retrouvons Mina, une allemande qui vit à Cordoba et que Antoine connaît bien, partie donner des cours de chant cette semaine hors de Cordoba.
A 7h30, après avoir mangé des medialunas et bu du café con leche, nous souhaitons un bon voyage de retour à Cordoba à Mina et attaquons notre visite de Mendoza. La ville comporte cinq places, quatre petites entourant une grande principale. Nous nous dirigeons dans les larges rues arbolées vers la première place, la "Plaza España".
La Plaza de España est un joli petit parc décoré d'azulejos, avec une grande mosaïque présentant différents épisodes des relations espagnoles-argentines. Une montre le gaucho Martin Fierro donnant une leçon d'humanité à des paysans. Martin Fierro est un personnage imaginaire héros d'un roman de José Hernandez, qui incarne le mythe du gaucho. Je m'apprête à lire ce classique de la littérature argentine.
Nous partons ensuite au sud de la ville vers la "casa de gobierno", le siège du gouvernement de la province de Mendoza. Les différents tribunaux bordent aussi ce lieu, ainsi qu'un parc avec une fontaine et un monument. Martin nous explique que l'Argentine est divisé en provinces qui ont chacune la liberté de définir sa propre organisation politique et judiciaire ; elles sont aussi indépendantes les unes des autres que les régions espagnoles par exemple. Une justice régionale existe dans chaque province, à laquelle s'ajoute une justice fédérale nationale, comme aux Etats-Unis.
Nous visitons ensuite successivement les autres places : Plaza Italia, Plaza San Martin, Plaza Chile, et la grande, Plaza Independencia.
La ville est très agréable, avec dans toutes les rues de grands arbres qui couvrent la route. Tous ces arbres sont alimentés par un réseau d'irriguation qui explique la belle santé de cette végétation.
Nous passons devant le quartier de banques avec de très belles façades, ainsi que devant le Pasaje San Martin, une galerie commerciale avec des verrières "à la française". Martin achète une bouteille de vin de Mendoza pour offrir à sa famille. Mendoza et San Juan sont en effet les deux villes productrices du vin argentin, la route reliant les deux villes étant "la route des vins". Une expression dit "être entre Mendoza et San Juan" quand on est saoûl.
On se balade ensuite dans le marché puis dans le quartier des artisans, où Antoine continue sa quête du maté parfait, commencée depuis plusieurs semaines. Aucun ne lui convient ! Martin s'entraîne à lire le français avec le guide du routard, mais c'est difficile de retenir toutes nos règles de prononciation. Je me rends compte à quel point c'est compliqué, le son "é" peut se faire de tellement de manières différentes !
Nous partons ensuite à l'ouest de la ville pour voir le Parque San Martin (oui, encore du San Martin), qui comporte tout au bout le Cerro de la Gloria, notre objectif.
Le parc est gigantesque, on s'y déplace en voiture et même en bus. Il est très agréable, avec de grands espaces verts malheureusement souvent enlaidis par des déchets. Il a été dessiné en 1896 par un français nommé Thays, qui s'est inspiré des bois de Boulogne et de Vincennes. Il comporte un zoo et aussi le stade de Mendoza, el estadio "Malvinas" (vraiment vraiment pas originaux ces argentins), dans lequel nous pouvons entrer visiter. Personne ne contrôle rien, il est comme abandonné lui aussi. C'est un stade original, creusé dans le terre comme un arène, avec une architecture moderne.
Nous arrivons ensuite au bout d'une longue marche au sommet du Cerro de la Gloria, quasiment 1000 mètres, qui offre une magnifique vue panoramique sur toute la région. D'un côté, les Andes, de l'autre, la Pampa, toute plate. Un Christ géant est aussi visible plus loin.
Et le clou du spectacle, c'est le monument à la gloire de San Martin et de sa traversée des Andes avec son armée pour libérer l'Amérique du Sud. Tout comme Hannibal, il a réalisé un coup de force extraordinaire en traversant les Andes avec toute l'armée, les canons et les chevaux, surprenant ainsi ses ennemis, exploit largement célébré ici ! Nous profitons des guides des groupes de toutistes pour avoir nous aussi notre visite guidée. Des vautours volent aussi au-dessus de nous.
Les pieds endoloris par tous ces jours de marche, nous repartons péniblement vers le centre de Mendoza. Nous prenons une glace dans une adresse du guide du routard, délicieuse. Je fais dans l'originalité en prenant le parfum "super dulce de leche", une glace au dulce de leche avec du dulce de leche.
Ensuite nous nous baladons dans le marché de l'artisanat de la Plaza Independencia où Antoine trouve enfin son maté, mettant fin à une longue quête.
Nous allons ensuite manger des empanadas et une pizza dans un restaurant au nord de la ville, et repartons au terminal pour le retour à Cordoba. Nous avons pris cette fois-ci des sièges "cama", plus confortables, à tel point qu'une fois installé et le bus parti, nous plongeons tous trois dans le sommeil, ne nous réveillant qu'une fois arrivé à Cordoba. C'est fini pour ce beau voyage ! Le week-end prochain, retour à l'escalade avec quatrième étape de la Coupe de bloc provincial, et le week-end d'après, alongé lui aussi, nous irons voir les Parcs naturels de Talampaya et Ischigualasto, inscrits à l'UNESCO.