Week-end au Chili par la route des Andes - 6 : le Chili
Dimanche matin, nous quittons donc las Cuevas et marchons jusqu'à l'entrée du tunnel, à deux kilomètres de là.
Arrivé au péage, un employé du tunnel nous embarque dans sa camionnette pour nous permettre de le traverser. Le tunnel est assez long et ne respecte absolument pas les normes françaises : ce n'est qu'un simple trou dans la falaise, sans refuges de séurité, abris, extincteurs, téléphones, rien.
De l'autre côté, c'est le Chili. Nous marchons le long de la route pour rejoindre le poste frontière, à trois-quatre kilomètres de là.
Il est interdit de faire passer des fruits ou des légumes frais au Chili. Les produit lactés, la viande, les céréales, sont interdits. Nous trouvons donc le long du chemin plein d'oranges, d'oignons et d'autres produits jetés par les automobilistes avant la frontière.
Au poste de douane nous demandons à un bus à destination de Santiago s'il peut nous y conduire. Nous endurons alors un véritable périple administratif pour obtenir les visas et passer la douane ; on passe d'un poste à l'autre, chacun réclamant le papier et la signature de l'autre.
Finalement nous montons dans le bus qui démarre et redescend les Andes. Le côté chilien est à ma grande surprise très différent de celui argentin : une fois passés les Andes, le paysage devient plus tropical, avec de grands eucalyptus, des cactus, une végétation plus verte et fournie qu'en Argentine. Les maisons sont aussi très différentes : elles sont en bois, et les toits ne sont pas plats, ils ont une pente comme en France et sont en tôles. Toutes possèdent un drapeau chilien flottant à une fenêtre, voire même certaines voitures passent avec des petis fanions sur le capot. C'est en effet ce week-end un extra long week-end avec la fête nationale chilienne, d'où cette effervescence patriotique.
Nous arrivons à Santiaogo à 16h. Il y a une heure de décalage avec l'Argentine, je change donc l'heure de ma montre. Nous commençons par retirer des billets chiliens et par acheter notre billet de retour pour Mendoza, qui partira à 22h30. Nous passerons ainsi la nuit dans le bus du retour.
Les billets chiliens sont très rigolos, ils ressemblent à des billets de Monopoly, très plastifiés. les chiffres sont astronomiques, ils ont des pièces de monnaie de 500. Nous sommes complètement perdus : il nous faut convertir le peso chilien en peso argentin, puis en euro. 10 000 pesos chiliens valent environ 16 €, mais du fait de ces grands chiffres tout nous semble hors de prix.
Nous commençons notre visite de Santiago en allant voir la place centrale de la ville, les Champs Elysées ou la place du Capitole de Santiago : le palais de la monnaie, où siège l'Elysée chilien. Un drapeau géant trône au milieu de la place. Le parc devant le palais est protégé par des barrières, et des gardes font entrer tour à tour les très très rares touristes. Des brésiliens nous prennent en photos. Les touristes brésiliens sont très nombreux en Argentine ou ici au Chili.
Nous nous baladons ensuite dans les rues désertes. Elles sont très très larges, bien propres et bien faites (ça change de Cordoba !), joliment décorées de fontaines, d'espaces verts avec des statues. Aucune enseigne n'est similaire à celles argentines, même Gervais, qui s'appelle "Frigor" en Argentine, change ici de nom ! Martin trouve étonnament la ville moche et moins bien entretenue que Buenos Aires. Il va même jusqu'à dire que Cordoba est plus belle. Nous restons incompréhensifs devant un chauvinisme si teinté de mauvaise foi !
Notre oeil est attiré par les clochers d'une grande église, visible entre les immeubles. Mais une fois arrivé au pied de l'édifice, quelle déception ! C'est l'église la plus moche que j'ai vu de ma vie, le béton des façades est complétement raté, bourré de défaut, avec des aciers qui dépassent, les éléments de décors très grossiers. Pouah ! Seule la façade est potable.
Nous partons ensuite en quête de nourriture. Nous nous arrêtons devant une panaderia, hésitant devant les prix astronomiques annoncés. Même en convertissant, ça reste cher : le Chili est plus aux prix français, quand on s'est habitué aux prix argentins c'est difficile !
Les Chiliens ne parlent pas le même espagnol que les Argentins, ils ont un accent différent et utilisent d'autres mots. On retrouve la prononciation des "ll" à l'espagnole et non plus comme des "j" (pas jota, j phonétique français) comme en Argentine.
Nous goûtons l'empanada chilienne : la "pino". Les empanadas chiliennes sont bien plus grandes et ont une forme différente. La pino contient de la viande hachée avec des oignons, des olives et de l'oeuf. C'est bon ! Antoine goûte à une boisson au goût de bonbon nounours jaune.
Nous cherchons alors à goûter à la boisson nationale chilienne, aussi populaire que le maté en Argentine, le "moté con huecillos".
Une calougeotte au milieu de la rue propose enfin la boisson recherchée. Ils proposent plusieurs tailles de verres, après quelques hésitations nous choisisssons tous les trois le plus petit, au cas où.
Bien nous en pris, car le "moté con huecillos" se révèle... vraiment spécial. C'est verre avec un jus de pêche très sucré, une pêche en sirop (jusque là tout va bien, quoique c'est vraiment fort sucré), et au fond... de l'ébly. Mais pourquoi donc mettre de grains de blé avec du sirop de pêche ?
C'est tellement bizarre que nous avons du mal à terminer notre petit verre, je m'occupe même de finir celui de Martin. Une expérience étonnante qui nous a fait beaucoup rire ! On comprend pourquoi elle ne sort pas du Chili cette boisson !
Nous montons ensuite dans le métro chilien, pour aller au plus grand centre commercial d'Amérique latine, le Costanera Center. Le métro chilien est super propre, très grand et tout neuf, vraiment agréable. Nous avons eu du mal à comprendre la station où descendre, le nom étonnant de la station ""Tobalaba", ajouté à l'accent chilien modifié par la machine au guichet nous a réduit à communiquer par stylo et papier. Le trajet est aussi cher qu'à Toulouse, ça semble hors de prix à Martin, habitué aux 0,50 € de trajet à Buenos Aires.
L'accés aux quais se fait en passant un tourniquet qui aspire le ticket et ne le rend pas. Ils ne soucient pas des contrôles ici !
Le Costanera Center se révéle être un quartier flambant neuf avec des bâtiments à l'architecture moderne en verre, avec des tours géantes. Avec les Andes en toile de fond, c'est un décor étonnant.
Dans le centre je profite d'un magasin d'escalade pour acheter un casque, qui me sera obligatoirement nécessaire pour accéder au Petzl Roc Trip. Le matériel d'escalade au Chili est beaucoup moins cher qu'en Argentine, aux prix français, car ils importent sans difficultés des Etats-Unis. Je paye donc mon casque 2,2 fois moins cher ici qu'à Cordoba, c'est toujours ça de pris !
Alors que nous passons à la caisse d'un supermarché où nous avons acheté notre repas du soir, un soucis avec des bananes (nous avons d'ailleurs goûté à des bananes couleur cuivre, qui ont malheureusement le même goût que les autres) nous fait patienter à la caisse. Martin s'aperçoit alors que l'heure est plus avancé que celle de ma montre. En effet, ils ont bien une heure de décalage mais sont passés à l'heure d'été, et se retrouvent donc à la même heure que celle argentine ! Notre bus part donc une heure plus tôt que nous les pensions ! Heureusement que nous nous en sommes aperçus, sinon nous aurions ratés notre bus.
Nous retournons donc au terminal et remontons dans le bus pour l'Argentine. Je lis des journaux chiliens et regarde le film "Voyage au centre de la Terre II", aussi nul que le premier, voire pire.