Escalade et randonnée dans les Sierras de Cordoba
Deuxième partie de ce week-end, le dimanche. Réveil le matin vers 7h, on plie bagages, on fait chauffer l'eau sur la gazinière pour boire du maté. Mais au moment d'ouvrir la porte, eh bien elle refuse de s'ouvrir : nous sommes bloqués dans la salle de bloc !
Après une demi-heure d'effort qui voit s'évanouir notre projet de prendre le bus de 7h45, nous arrivons enfin à tourner la clé dans la serrure et à pouvoir sortir au pas de course vers le terminal de bus. Le prochain bus pour les montagnes part à 9h20, ça va, ça nous laisse une petite heure pour petit-déjeuner. On va donc chercher des petits pains ronds et des palmiers pour une vingtaine de pesos (4 €), ce qui nous permet de nous nourrir généreusement pour neuf personnes.
Dans le bus, nous dormons jusqu'à notre destination, la Ola.
Nous nous divisons alors en petits groupes selon les envies et les niveaux de chacun, les grimpeurs qui ne sont pas du CAC partent grimper au secteur Ultimo Sol de Marzo, et le CAC se divise en deux groupes, un pour Lengua de Suegra et un autre pour la Ola. Au moment de monter sur la plate-forme, Pablo Lloveras arrive avec sa voiture pour me prendre comme nous l'avions prévu grimper sur un secteur d'escalade un peu plus loin. Pablo est venue avec Luisia, sa compagne depuis quelques années qui est une anglaise d'un petit village prés de Cambridge. A ma grande surprise, elle ne parle pas espagnol ! A partir de ce moment nous parlerons donc en un mélange plus ou moins prononcé d'anglais et d'espagnol, ou je commence parfois une phrase en anglais pour la finir en espagnol, ayant un niveau plus limité dans la langue anglaise.
La camionnette bien aménagée de Pablo et Luisia, mais malheureusement pas pour transporter un troisième passager !
Nous allons grimper dans un secteur plus éloigné de la route, à une vingtaine de minutes de marche, dans une quebrada (un petit canyon). C'est le secteur "Corral". Que des dalles ("placa" en espagnol) dans du 6, avec un projet en 8a? qui serait impossible d'après les plus forts du CAC. Je grimpe en suivant les conseils de Pablo "La Desatanudos", 6b+ de dalle en adhérence d'une trentaine de mètres, avec un final très facile sur prises très sculptées, puis Skaki loco, 6c+, qui remonte une fissure de granite avant de se rétablir sur un bombé avec des inversées.
Pablo a ouvert de nombreuses voies dans la région, il voudrait maintenant partir prospecter plus loin dans la quebrada pour découvrir une nouvelle paroi à équiper. Luisia ne faisant pas d'escalade, nous plions donc nos affaires pour démarrer une randonnée hors des sentiers battus pour découvrir le futur nouveau secteur des Sierras de Cordoba.
Nous suivons péniblement les sentiers des vaches et des animaux, en montant en s'agrippant aux touffes d'herbe ou aux rochers, en rebroussant souvent chemin devant un précipice. Notre progression est difficile, mais les paysages magnifiques. Nous découvrons d'énormes Tabaquillo, ce fameux arbre local menacé, et sommes survolés de prés par les condors.
Nous passons dans un désert de pierres...
Dans un tunnel au fond d'une quebrada, où Pablo et Luisia ont traversé pied nus en criant tant l'eau était froide, moi j'ai jeté de grosses pierres devant moi pour sauter ensuite dessus. Au fond, une petite cascade, quelle belle surprise !
Une paroi au gros potentiel, peut-être un futur nouveau secteur...
Nous mangeons vers 4h de l'après-midi. Je discute en anglais avec Luisia, qui me dit avoir du mal avec les Argentins et envisage difficilement de s'installer en Argentine. C'est pas étonnant quand on est une anglaise végétarienne qui ne parle pas espagnol de ne pas pouvoir s'intégrer en Argentine...
Nous repartons ensuite par l'autre côté de la quebrada, sur du plat beaucoup plus facile. Nous passons dans un désert de quartz, on se croirait sur une autre planète !
Pablo me montre tous les secteurs et les voies qu'il a équipé sur le chemin, il y a de quoi faire. On passe notamment devant un secteur facile nommé "le Cyclope".
Nous retrouvons la voiture vers 17h30. Nous faisons petit arrêt chez un paysan du coin qui vend de l'artisanat, Pablo lui apporte des journaux.
Commence alors le voyage de retour sur les couchettes arrière, où je valdingue de gauche à droite et cogne le plafond dès qu'une bosse se présente sur la route, ce qui arrive très souvent vu l'état des routes argentines...Je mange pour goûter des Oreo bi-goût, je pensais que ce serait vanille caramel mais en fait c'est banane-dulce de leche. Disons que je ne retenterai pas l'expérience...
Arrivé à l'entrée de Cordoba, ça bouchonne sur l'autoroute. Mais Pablo voit une autre route qui passe à une centaine de mètres. Pas de soucis, il s'élance dans le terrain vague qui sépare les deux routes, en cahotant à toute petite vitesse dans le sable et les bosses pour rejoindre cette autre route, en faisant attention aux autres voitures qui font de même.
Je finis par arriver chez moi à 21h. Encore un week-end incroyable, où j'ai rencontré plein de monde et fait toutes les heures de nouvelles choses auxquelles je ne m'attendais pas. C'est l'aventure !