Week-end dans les Gigantes, 2ème jour
Dimanche matin, réveil tranquille vers 9h. Petit-déjeuner à base de gâteaux type Oreo, puisqu'il n'en existe pas vraiment d'autre sorte en Argentine. Nous allons ensuite à la corvée d'eau avec Andrés en remplissant deux gros bidons dans le ruisseau qui coule à côté.
Aujourd'hui nous allons grimper au secteur de "El Ostiazo". Une petite heure de marche depuis le refuge, avec un sac bien plus léger, mais sur un terrain toujours aussi difficile nous permet de rejoindre cette paroi qui plonge à pic sur la vallée. Nous croisons sur le chemin les habitantes des Gigantes, les vaches, qui décorent de bouses toute la montagne. Le refuge se situe dans un grand espace clôturé où a lieu un projet de reforestation avec la plantation de tabaquillos. La clôture protège les petits tabaquillos des vaches, qui sinon les mangeraient.
Au secteur de l'Otiazo j'ai grimpé au cours de la journée "Fénix", 6a+, dans une fissure ; puis "El Ostiazo", 7a+, une dalle orange sur aplats tout en adhérence ; puis en deux essais "Duracell", 7b, une voie de qualité plus douteuse... Le secteur est vraiment bien car en plus de disposer de belles voies, il offre une très belle vue sur toute la vallée, ce qui rajoute une ambiance d'altitude et de vide lors de l'escalade.
Vers 16h nous repartons vers le refuge où après un bon goûter, je retourne avec Jipi sur le secteur "La Lajita" juste en face du refuge pour terminer "Ongo Ibili". Après un ré-échauffement dans "Hay que matar al presidente", 7a, qui traverse en diagonale la paroi, nous attaquons à tour de rôle "Ongo Ibili", avec les encouragements des grimpeurs de retour au refuge et qui profitent de là du spectacle. Jipi ne parviendra pas à terminer la voie, moi je mettrai deux essais, ayant zippé au premier. Chino, qui l'avait travaillé dans la journée, vient nous rejoindre, remotivé pour faire un essai, mais il s'embrouillera avec le coincement de genoux à la fin, le privant de la réussite. Nous rentrons une nouvelle fois à la frontale, la nuit tombant ici à 19h, nous sommes en hiver.
Ce soir beaucoup plus de monde dormait au refuge. Pour le repas une marmite géante est mise sur le feu, dans laquelle tout le monde jette ses légumes et sa viande, pour faire une gigantesque tambouille composée de lentilles, carottes, tomates, riz, viande, haricots...
Après le repas les discussions se poursuivent, avec des histoires drôles pas toujours évidentes à comprendre. Par exemple, quelqu'un raconte comment un membre du CAC qui avait passé trois mois en Galice, en Espagne, était revenu avec l'accent espagnol : pour demander un stylo, il avait dit "boli". Ca ne vous fait pas rire ? Il faut savoir que "boligrafo" est un mot typiquement espagnol, en Argentine ils disent plutôt "lapicera". Les histoires à propos d'un chien qui pissait sur les sacs étaient beaucoup plus faciles à suivre !
Suite et fin du week-end en apothéose, à lire dans le prochain article...